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3 janvier 2013
Gaelle Sogliuzzo (LP Beaumont, Redon)

Rencontres Professionnelles 2012 : un rendez-vous réussi

Nous vous proposons ici le compte-rendu des Rencontres Professionnelles 2012 de l’ADBEN Bretagne. Elles se sont tenues aux Champs Libres à Rennes le 12 décembre dernier, et ont réuni une vingtaine de collègues venus de toute l’académie.

Nous remercions chaleureusement tous les participants à ces premières Rencontres pour leur présence, leur enthousiasme et la richesse des échanges, et leur donnons rendez-vous l’an prochain pour une édition, nous l’espérons, encore améliorée.

TEMPS ASSOCIATIF

Après un accueil convivial autour d’un café et de viennoiseries, la réunion a débuté par un tour de table, afin que chacun puisse se présenter. Puis la présidente, Gaëlle Sogliuzzo, a ouvert le temps associatif en présentant le rapport moral de l’association pour l’année 2012, constitué de deux éléments :

Compléments sur le contexte professionnel national actuel : dans le cadre de la constitution des ESPE (Ecoles Supérieures du Professorat et de l’Éducation), un ensemble de référentiels métier est actuellement en cours de rédaction, dont celui de professeur documentaliste. Il convient d’être très vigilants sur le contenu de ce texte, d’autant qu’il prend place dans l’ensemble plus global de la loi d’Orientation. Pour en savoir plus, consultez l’édito de la dernière édition Documentation du Café Pédagogique, par Frédérique Yvetot.

  • Projets de l’association pour 2013 :
  • poursuivre l’action de veille active et d’interpellation auprès de l’inspection académique.
  • Poursuivre la campagne de communication auprès des politiques pour faire connaître notre métier - réécrire à M. Lesage relativement à la réponse récente à sa question officielle au gouvernement.
  • interroger les collectivités territoriales sur les moyens qu’ils prévoient pour les futurs CDI et le numérique
  • organiser une journée professionnelle avec des intervenants, en prévoyant une session sur Brest et une sur Rennes.
  • initier et favoriser une convergence d’action, à chaque fois que cela sera pertinent, avec des structures sœurs (associations ou syndicats)

Le rapport moral a été soumis au vote, et adopté à l’unanimité.

La trésorière, Florence Caraes, a ensuite présenté le bilan financier de l’association, sain et présentant un solde suffisant pour envisager l’organisation de journées de formation académiques en 2013, ainsi que celui des adhésions, qui avec 28 adhérents en 2012 présente une stabilité encourageante.

Le bilan financier a été soumis au vote, et adopté à l’unanimité.

A la suite de quoi, les membres du bureau 2012 ont, conformément aux statuts de l’association, présenté leur démission, avant de se présenter aux mêmes postes pour l’élection du bureau 2013. La présidente lance un appel à étoffer l’équipe, par l’entrée au bureau de membres actifs, dont elle précise la nature de l’engagement : l’association fonctionne très peu en présentiel, la majeure partie des dossiers étant traités en ligne ; les membres actifs sont attendus sur deux champs principaux : la remontée d’informations à l’association, et la relecture/élaboration collective des textes à publier. Trois collègues, Christelle Carnet, Françoise Guerchais et Marie-Christine Frapsauce, se présentent en tant que membres actifs.

Le bureau 2013, à présent fort de 6 membres, a été élu à l’unanimité.

DÉBAT : LE MODÈLE DES 3C ET LA POLITIQUE ACADÉMIQUE BRETONNE

1- Au niveau national

  • Un modèle emprunté à la culture anglo-saxonne, le Learning Centre, initialement pensé pour l’enseignement supérieur, et conçu en réponse à un contexte de pénurie de moyens humains et financiers - infographie 1 « Du CDI au 3C »
  • Un modèle qui agrège , en France, tous les éléments d’une stratégie institutionnelle portée par l’inspection générale depuis 10 ans, et qui s’ancre dans un contexte européen de l’Éducation conditionné par le traité de Lisbonne - infographie 2 « Le 3C dans le texte ».

Lors de l’ouverture des 5e Rencontres SavoirsCDI d’octobre 2011 à Rennes, auxquelles de nombreux collègues ont assisté, Jean-Louis Durpaire pose les termes l’appropriation de ce modèle par l’inspection générale EVS : il pose d’emblée le nécessaire rapprochement entre Documentation et Vie Scolaire, dans le cadre d’une logique de type Learning Centre propre à faire émerger de « nouvelles médiations », en particulier à travers les TICE et le libre accès aux ressources et aux espaces, sur un temps étendu.

Lors de la dernière table ronde de ces Rencontres, intitulée « Le CDI : quel espace de formation ? », Mireille Lamouroux et Jean-Louis Durpaire ont énoncé ce qui constitue selon eux le positionnement du professeur documentaliste dans ce modèle du Learning Centre, à travers une terminologie bien étrange revenue à plusieurs reprises dans le discours : « ce qui reste au CDI »... Quid du professeur documentaliste ? Serait-il soluble dans son lieu de travail ?

Ce qui reste au CDI, donc, serait selon Mme Lamouroux de contribuer à assurer la continuité pédagogique, et de penser le hors-temps de classe : services en ligne, accès distant aux ressources, tutoriels…. M. Durpaire a par la suite affiné ces éléments : « Ce qui reste au CDI, c’est d’être un espace de personnalisation des apprentissages -en particulier ceux inscrits dans les compétences 6 et 7 du socle commun -, à côté des salles de classe ». Gestion de flux, gestion de l’accès aux ressources... et une expertise pédagogique restreinte aux champs les plus transversaux du socle, à l’exclusion, même, de la compétence 4, pourtant éminemment de notre ressort... Ce choix des compétences concernant le professeur documentaliste, les compétences 6 et 7 du socle - et l’exclusion de la 4 - n’est pas neutre, ni anecdotique : on le retrouve dans toutes les publications sur le 3C. S’y ajoute souvent la compétence 1, « Maitrise de la langue française », qui constitue l’entrée structurante de la logique du 3C : un espace pensé au service de la maitrise de la langue...

Cette présentation générale du modèle par la présidente de l’ADBEN Bretagne achevée, l’étude des infographies proposées par l’association a, de façon plus macroscopique, posé la question de la polysémie de nombreux termes récurrents ( usager, autonomie...) dans les publications dédiées au Learning Centre ou au 3C (centre de connaissances et de culture). Cette polysémie interroge les collègues présents, dans la mesure ou l’interprétation du modèle révèle des implications professionnelles très différentes selon qu’on conçoive leur sens dans une logique de terrain, ou dans la logique institutionnelle actuelle...

Les questions formalisées sur l’infographie 1 sont aussi complétées par l’assemblée qui relève les points suivants :

  • Le rapprochement entre les professeurs documentalistes et la vie scolaire dans un même lieu ou, du moins, dans ce qui peut être considéré comme un même « service », induit, au regard des actuelles circulaires de mission respectives, comme des référentiels métier en cours d’élaboration, des questionnement légitimes : si le professeur documentaliste est statutairement responsable du lieu CDI, et du fonds documentaire qui s’y trouve,
  • quels changements seront induits par l’application d’une logique de vie scolaire au lieu (ouverture maximale, donc pas seulement par le professeur documentaliste - qui alors ? Les surveillants ? Des élèves en autonomie ou des parents, comme suggéré par M. Quef lors des demi-journées académiques de l’an passé ?)
  • quel sera le partage de responsabilité avec les CPE, seuls, pour l’heure, à avoir une mission de « responsabilité d’un service » dans les textes statutaires les concernant, là ou nous n’avons que la responsabilité d’un lieu et d’un fonds ?
  • La question des ressources numériques, illustrée actuellement par le chèque ressources numériques issu du plan DUNE, porte également, dans l’organisation actuelle des achats et de la gestion desdites ressources - très disparates selon les établissements, mal concertés...-, des interrogations : le professeur documentaliste est parfois « exclu » de ce dossier,
  • soit totalement, ce qui pose sérieusement problème dans la mesure ou l’acquisition de ressources documentaires numériques doit s’entendre dans le cadre d’une politique d’achats globale cohérente, et prévoyant une complémentarité numérique / papier
  • soit partiellement lorsqu’on lui confie soit le choix, soit la formalisation des commandes pour tous (y compris les manuels numériques et les achats disciplinaires uniquement destinés à un usage en classe), soit uniquement la gestion de l’accès par la suite. Dans ce cas, quelle expertise documentaire nous reste-t-il lorsque les ressources numériques échappent à l’intégration dans la base de données documentaire, ou, à tout le moins, à un accès correctement articulé avec celle-ci ?

2- Au niveau académique

Suivent, succinctement exposés, les éléments, significatifs au regard du modèle poussé nationalement par l’Inspection Générale EVS, de la politique académique bretonne :

  • Projet de politique documentaire académique porté par M. Quef, à travers la constitution maintes fois annoncée et toujours pas effective d’un groupe de pilotage représentatif - voir la « Note aux professeurs documentalistes de l’académie de Rennes » signée du Recteur, en date du 26 mars 2012, envoyée dans tous les établissements.
  • Rapprochement net, dans le domaine de la formation continue, avec le CRDP, qui co-organise maintenant les journées départementales, et a également récupéré la gestion du Cercle de Réflexion des Professeurs Documentalistes, dont on ne connait pas, à ce jour, l’avenir à court terme.
  • Formation des professeurs documentalistes stagiaires pour l’année 2012-2013. Selon les informations à notre disposition à ce jour :
  • aucun module de formation n’a lieu à l’IUFM ; les cours ont lieu au rectorat (anciens locaux du CRDP), ou au LP Coëtlogon en cas de non disponibilité des salles.
  • 40 % du volume horaire de formation en présentiel est dispensé en public communs CPE / enseignants documentalistes, et assuré à hauteur de 75% par M. Quef, IA-IPR EVS, ou par des chefs d’établissement.
  • Documents de référence communiqués :
    • Portfolio académique : utilisation comme outil de professionnalisation (voir notre article sur le sujet), étendue sans réelle concertation des personnels en reconversion aux professeurs documentalistes stagiaires. Les critiques portées par l’ADBEN et par d’autres sur le fond n’ont pas été prises en compte, la version diffusée étant identique à celle soumise aux tuteurs l’an passé.
    • Pierre Saget - « Principes pour l’élaboration d’une politique éducative d’établissement », mai 2011. Disponible en ligne sur http://media.education.gouv.fr/file/2011/56/1/2011-049-IGEN_215561.pdf (consulté le 03/01/2013)
  • Annonce de l’expérimentation concrète du 3C dans plusieurs établissements bretons , sans davantage de précisions sur la forme concrète de ces projets, ni sur les établissements concernés.
  • Les journées départementales 2013, encore en projet, sont annoncées comme communes aux professeurs documentalistes le matin, « spécifiques à chaque profession » l’après-midi.

Ces éléments sont peu connus des professeurs documentaliste sur le terrain, à cause du manque évident de communication officielle de l’inspection académique EVS en direction de la profession : pages de l’inspection sur le site académique toujours pas à jour, absence de lettre de rentrée, communications partielles effectuée au sein de groupes restreints rendant difficile une lisibilité d’ensemble...

D’autre part, l’annonce récente de la démission de M. Quef de ses fonctions de conseiller auprès de M. le Recteur - conservant évidemment, toutefois, ses fonctions d’IA-IPR en charge de la documentation dans l’académie de rennes - engage sans aucun doute le fait qu’il ne soit plus en charge de certains dossiers dont il avait jusqu’alors la responsabilité en tant que chargé de mission.

Dans ce contexte particulier, l’ADBEN Bretagne s’engage à interroger M. l’inspecteur, dès que l’occasion s’en présentera, sur un certain nombre de points soulevés lors de ce débat associatif, ainsi que sur les changements induits par sa démission pour les professeurs documentalistes de Bretagne. Elle encourage également l’ensemble des collègues sur le terrain à échanger et à faire circuler les informations relatives à la politique institutionnelle locale.

Le débat, dense et riche, a malheureusement dû être interrompu afin de permettre aux collègues inscrits de se rendre au temps culturel assuré par notre interlocutrice des Champs Libres, qui a proposé un contenu de qualité et très fourni. Les ponts évidents et nombreux entre le modèle du 3C et les différents pôles et éléments présentés par notre interlocutrice ont permis d’illustrer et d’enrichir les réflexions de chacun.

Nous vous proposons, pour prolonger, quelques lectures utiles :

  • Le point de vue de l’équipe institutionnelle en place sur la profession , dans un dossier dense et particulièrement intéressant dans la mesure ou il s’adresse aux cadres de l’éducation nationale plus qu’aux enseignants documentalistes... « Les politiques documentaires ». Cahiers de l’éducation, octobre 2012, n°118, p. 5-23.

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